Succession de cas de viols en Côte d'Ivoire : Ces crimes vont-ils rester impunis ?

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Succession de cas de viols en Côte d'Ivoire : Ces crimes vont-ils rester impunis ?
Décidément, la Côte d'Ivoire n'est pas de se hisser en challenger sérieux de l'Afrique du Sud au nombre des pays où le viol est quasiment érigé en mode de vie. Alors que le pays est encore sous le choc suite au décès ce Lundi 30 Septembre d'une fillette de trois ans, qui aura succombé à une agression sexuelle des plus ignobles commise sur elle, dans un village de la localité de Dimbokro, l'on apprenait dans la soirée le viol impitoyable d'une adolescente de 11 ans, en classe de 6ème, abusée par le père de son amie. Si les recherches sont en cours pour tenter de mettre le grappin sur cet autre individu à la moralité précaire, l'ampleur que prend le phénomène mérite d'interpeller les autorités compétentes sur la nécessité d'imposer le traitement qu'il faut à cette situation de sorte à désarmer ces violeurs en sursis, dont le passage à l'acte n'est sans doute qu'une question de temps.

Selon des statistiques révélées par la Mission des Nations Unies et le Commissariat des Nations Unies en Côte d'Ivoire, dans un rapport publié le 11 Juillet 2016, le nombre de cas de viols officiellement recensés entre 2012 et 2016, était de 1129, dont une majorité de 90% instruits en justice, pour un taux de condamnation en deçà des 20%. Pour un pays qui se veut un état de droit, de tels résultats s'avèrent compromettants pour la crédibilité de l'appareil judiciaire, et au-delà, pour la fiabilité du système de protection des populations vulnérables, institué par le politique. Certes, les chiffres brandis par l'ONU pourraient ne réfléter qu'une partie de la réalité, les cas de viols étant particulièrement récurrents dans ce pays, et certains étant passés sous silence pour diverses raisons, parfois d'ordre sociologique, mais, le traitement qu'en font les autorités judiciaires pourrait non seulement s'avérer peu dissuasif pour les candidats au viol, mais, risque même de réveiller en eux, ce sentiment d'impunité qui amène tant de victimes et leurs familles à s'emmurer dans le silence, ceci dans l'indifférence générale, même au niveau des médias, qui préfèrent de loin se passionner des Vendettas politiques.

« Il y a un problème d'impunité face au viol en Côte d'Ivoire, en particulier parce que beaucoup de ces cas de viols ont été correctionnalisés, c'est-à-dire que les auteurs n'ont pas été condamnés pour des crimes, mais pour des délits. Donc il est temps maintenant de vraiment traiter ces viols comme des crimes et de trouver la réponse judiciaire adéquate à ce fléau », soulignait Julie de RIVERO, alors responsable de la division des droits de l'homme de l'ONUCI, à la faveur de la présentation de ce rapport. D'autres pays sur le continent sont connus pour être de véritables enfers sexuels, à l'instar de l'Afrique du Sud, où rien que pour la seule année 2012, 64.000 cas de violes étaient recensés. Des statistiques d'ailleurs contestés par un Think-Tank local, qui révélait que sur 25 cas de viols, dans la province du Gauteng, prise singulièrement, une seule victime osait se signaler.

Le silence, la peur du regard de la société et surtout la crainte de représailles, voilà des réalités qui procurent à ces criminels un sentiment de toute puissance sur leurs victimes. Après avoir manifesté de la solidarité envers la famille de la fillette honteusement broyée dans le printemps de sa vie par l'intermédiaire de la famille, de la femme et de l'enfant, LY Ramata BAKAYOKO, les regards sont désormais tournés vers l'exécutif Ivoirien, pour aviser de la suite qu'il compte donner à ce genre de dérives, au-delà des gestes de compassion.


auteur : Raoul MOBIO

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