Gbagbo et Blé Goudé peuvent-ils rentrer en Côte d'Ivoire sans l'accord des autorités du pays ?

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Gbagbo et Blé Goudé peuvent-ils rentrer en Côte d'Ivoire sans l'accord des autorités du pays ?
Laurent Gbagbo et Blé Goudé peuvent-ils désormais rentrer en Côte d'Ivoire, sans l'accord des autorités du pays ? Tiémoko Assalé nous en dit plus.

Je laisse pour moi à Dieu.

Quand on exerce la profession de journaliste, on a un devoir de vérité quel que soit le camp politique de qui, idéologiquement, on se sent proche.

Notre rôle n'est pas de parler pour flatter l'ego ou les oreilles des uns et des autres. Notre rôle n'est pas d'enrober la vérité dans les draps de l'émotion, histoire de plaire à des gens. Notre rôle, comme le dirait F. Neruda, est « non pas de peindre la beauté des choses, mais d'inviter le peuple à venir voir le sang dans la rue », c'est à dire à présenter les choses, telles qu'elles sont et non pas telles que les gens veulent l'entendre.

Il y a en effet, quelques semaines ou mois, j'avais déclaré sur le plateau de NCI, qu'après la phase judiciaire à la CPI, le retour en Côte d'Ivoire de l'ancien président Gbagbo, en cas de libération définitive ou conditionnelle, ne sera possible qu'avec l'accord des autorités Ivoiriennes et, notamment, du président Ouattara, à la suite de négociations politiques, ne serait-ce même que pour organiser sa sécurité et lui trouver une résidence et des conditions de vie dignes de son rang.

Une telle analyse de ma part, au-delà de la vérité, relevait du simple bon sens.


Cependant, pour avoir dit cela, pendant des jours voire des semaines, j'ai été l'objet des pires attaques et d'un véritable lynchage sur les réseaux sociaux.

Lynchage organisé par des partisans y compris des confrères journalistes qui se sont evertués, dans une tentative de decredibilisation, à démontrer à travers plusieurs publications, que je ne savais pas de quoi je parlais et qu'une telle position de ma part ne pouvait être que la preuve de ma haine pour l'ancien président.

Que le retour de ce dernier, acquitté ou non, dans son pays, de même que Charles Blé Goude, en aucune manière, ne pouvait être soumis au bon vouloir des autorités Ivoiriennes.

On m'a sorti un article de la Constitution disant qu'aucun ivoirien ne peut être contraint à l'exil. Chose curieuse, certains parmi ceux qui me montraient cet articles, sont eux-mêmes contraints à l'exil depuis 10 ans.

Ce jeudi 28 mai, la CPI a rendu une décision allégeant les conditions de libération de l'ancien président et son « fils politique », Charles Blé Goude, ce qui leur permet d'aller dans l'ensemble des 123 pays reconnaissant la compétence de la CPI y compris la Côte d'Ivoire, à condition que les autorités de ce pays, acceptent de les accueillir.

Depuis ce matin, à mon grand étonnement, je lis, de la part de ceux qui m'ont agonis hier, que « la balle est désormais dans le camp de monsieur Ouattara qui doit prendre une décision pour faciliter le retour de monsieur Gbagbo ». Ah bon ?



J'ai écouté tout à l'heure monsieur Assoa Adou lancer un appel solennel à monsieur Ouattara:

« Le Front populaire Ivoirien, lance enfin, un appel solennel au président Alassane Ouattara, au gouvernement et au RHDP unifié afin qu'ils saisissent cette opportunité historique pour créer les conditions d'un véritable dialogue républicain en vue de la paix et de la cohésion nationale ». Traduction : le président Ouattara et son gouvernement doivent créer les conditions du retour au pays du président Gbagbo, gage selon Assoa Adou « d'une véritable réconciliation ».

Tout à l'heure également , sur l'antenne de Rfi, Blé Goude à déclaré : « Je suis ivoirien, je suis ici (à La Haye), pour une raison connue, d'ordre judiciaire. Si l'institution qui a estimé à un moment donné que des charges pesaient contre ma personne relativement à une crise que mon pays a connue et que cette institution là me donne la liberté de mes mouvements, ma destination première devrait être là où mon cordon ombilical à été coupé, c'est à dire en Côte d'Ivoire. Hélas entre le souhaitable et le possible, il y a un hiatus.

Cela dépend maintenant, il est clair, de la volonté des autorités de mon pays (...) Je dois d'abord prendre langue avec les autorités de chez moi, pour que je puisse rentrer chez moi, si elles veulent bien me le permettre
». Fin de citation.

Je laisse pour moi à Dieu.
auteur : Assalé Tiemoko

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