« Si la candidature de Soro est retenue, il serait impossible au RHDP de frauder aux élections de 2020 »

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« Si la candidature de Soro est retenue, il serait impossible au RHDP de frauder aux élections de 2020 »
Pourquoi Guillaume Soro demeure t-il l'homme à abattre coûte que coûte ? Sa candidature pour 2020 sera-t-elle retenue ? Si non voici pourquoi ? Décryptage.

Chers lecteurs,

ADO, je vous l'avais dit est un homme entêté, déterminé et très rancunier. Comme un monarque, il a décidé de nommer pour les Ivoiriens le prochain Président de la République. Le seul candidat qu'il craint en réalité est bien Guillaume Soro. Il connaît son intelligence politique, mais aussi sa popularité au sein des forces armées de Côte d'Ivoire. Un sondage secret réalisé par un cabinet américain révèle qu'en cas d'élections, 83,7% des militaires voteraient Guillaume Soro, 67% des gendarmes le choisiraient contre 51% des éléments de la police. C'est dire que Guillaume Soro conserve son assise au sein des forces armées ivoiriennes. Est-ce ce sondage qui effraie le Président Ouattara ? Je ne sais pas.

Mais, toujours est-il que Guillaume Soro demeure l'homme à abattre coûte que coûte et par tous les moyens. Si la candidature de Guillaume Soro était retenue, il serait impossible pour le clan Ouattara de frauder aux élections de 2020 ou de tout simplement inverser les résultats, tant la déferlante serait manifeste. L'homme méticuleux qu'est ADO avait dans un premier temps décidé d'amadouer Soro afin de le garder dans le giron du RHDP pour ensuite le convaincre de soutenir la candidature de Gon. À défaut, il serait broyé. C'est ce scénario qui a été retenu. Le processus a été déclenché depuis longtemps, commençant par les intrigues suscitées par ADO lui-même entre Hambak, Gon et Guillaume Soro.

À l'origine, l'objectif d'ADO était de neutraliser ses plus proches collaborateurs par la technique de diviser pour régner et ainsi imposer sa propre candidature, faute de consensus dans son entourage. On connaît la suite, puisque la manoeuvre a échoué. Aux dires d'un proche du couple Ouattara, le périple européen du trublion Guillaume Soro a finalement vaincu la décision d'ADO de se porter candidat lui-même, l'obligeant du coup à se rabattre sur Amadou Gon qui est le pire cheval sur lequel il a fallu parier.

Évidemment, loin de faire le consensus sur cette candidature imposée de Gon, le RHDP va inévitablement imploser. La démission actée du Ministre Amon-Tanoh et sa candidature annoncée ainsi que celle probable de Mabri Toikeuse achèvent de convaincre, même les plus sceptiques, que le bateau RHDP va chavirer. C'est une certitude. Cependant, j'émets un petit bémol en ce qui concerne la candidature de Mabri, car rien n'est encore définitif. Connaissant l'homme Mabri capable de tous les revirements, même Dieu qui l'a pourtant créé ne saurait le dire, Chris Yapi non plus.

Pour revenir au candidat favori et redoutable Guillaume Soro, ADO a parié et tout misé sur le seul point faible de ce dernier : la rébellion du 19 septembre 2002.

En effet, Soro est estampillé rebelle depuis qu'il a été le porte-parole de la rébellion du MPCI en 2002. ADO et ses stratèges ont donc décidé de corser leur communication et de l'axer sur le passé rebelle de l'homme en lui collant l'image de l'éternel putschiste. Le clan Ouattara sait que tous ses discours sur cette image de rebelle horrifient la communauté internationale en plus de terrifier les Ivoiriens. C'est pourquoi, à chacune de ses sorties millimétrées contre Guillaume Soro, le Président Ouattara ne manque aucune occasion de le traiter de dangereux rebelle. Allez, citons quelques piques d'ADO contre son supposé fils :

En 2019, après la démission de Guillaume Soro, ADO a déclaré sur une chaîne internationale (RFI) que « Guillaume Soro est un marxiste ». Cela était destiné à effrayer la communauté économique internationale du dangereux communiste qui viendrait à eux avec un couteau entre les dents.

Une autre fois, sur le perron de l'Élysée au sortir d'un entretien avec le Président Macron, ADO déclarait : « Guillaume Soro est un fils rebelle, il aura le temps de s'assagir».

Toutes ces phrases n'ont pas été prononcées fortuitement. Elles répondaient à une stratégie bien élaborée et faisait refrain avec le discours officiel consacré de l'opposition (FPI). Avec de tels slogans, ADO faisait chorus avec le FPI pour démolir son fils bien ou mal-aimé, c'est selon, Guillaume Soro. Désormais, la frange alassaniste et une frange extrémiste du FPI pouvaient cheminer.

Toutefois, cette communication à elle seule n'a pas suffit à éroder l'image d'homme courageux et intrépide de Soro, contrairement à ADO qui était perçu comme un fuyard, un poltron n'assumant jamais ses actes. Fuir, ça il sait le faire et il faut admettre que ses jarrets s'y prêtent bien pour qui a eu le bonheur de les voir. D'ailleurs, dans un documentaire, il a lui-même témoigné, qu'à l'aide d'une échelle soigneusement gardée par son Chef de sécurité Jean Baptiste Soro, à chaque fois que le danger s'est présenté, il a pu sauter la clôture mitoyenne de la maison de l'ambassadeur d'Allemagne. Quelle courageuse agilité !

Je disais donc que cette stratégie ne fonctionnant pas, il a fallu passer à la vitesse supérieure : prendre Guillaume Soro sur des faits de déstabilisation et Ô cieux divins, vint le 23 décembre 2019. Inutile de narrer à nouveau les faits, vous les connaissez déjà.

Il y a quelques jours, je vous annonçais la convocation des colonels Kobo et Yeo aux fins de les arrêter. Ils y ont échappé in extremis d'une part, à cause de la révélation des faits sur la place publique et d'autre part, à cause de la grogne des soldats au sein des casernes militaires. Notons que ces deux officiers sont des anciens enfants de troupes de l'EMPT (l'école militaire nationale par excellence). On ne touche pas aux officiers de cette façon, car dans l'armée si une chose est sacrée, c'est bien l'esprit de corps. N'oublions pas non plus que depuis un certain temps, les ex-chefs de guerre sont à cran. Ces derniers se sentent oppressés et visés par le pouvoir Ouattara. Ils savent qu'à tout moment, ils peuvent être arrêtés eux aussi. Trêve de digression. Revenons aux interrogatoires de la garde rapprochée de Guillaume Soro.

Grâce à des connexions, j'ai pu consulter le contenu du dossier du coup d'État supposé de Soro. Il est dit dans les auditions, qu'après l'assaut donné par des hommes encagoulés au siège de GPS et l'arrestation de ses cadres, les éléments de la sécurité de Soro auraient sorti des armes de ses bureaux, et non plus de sa résidence de Marcory, pour aller les déverser dans la lagune à Assinie, juste en face de son cabanon. On aurait voulu l'accusé qu'on ne se serait pas pris autrement.

Les éléments de sa sécurité qui ont été longtemps cuisinés et interrogés à ce sujet durant de longues heures sans dormir, ont pourtant tous unanimement affirmé qu'il n'en était rien.

Le temps passant et faisant son effet et surtout grâce à des techniques classiques policières bien rodées, les enquêteurs ont fini par obtenir de bien maigres « aveux » de deux soldats affamés et avachis prêts à tout avouer pour une miche de pain et un verre d'eau. Il s'agit des nommés Koné Siriki et Kamahaté Adama dit Killer.

En effet, par la méthode des réponses suggérées que connaissent bien les profilers du FBI, le Colonel Dosso a usé de ruse en faisant croire aux malheureux soldats que s'ils avouaient ne serait-ce qu'un bout de ce qu'il souhaitait à savoir incriminer le Commandant Jean Baptiste Kouamé (chef de la sécurité de Soro) d'avoir fait déverser des armes à Assinie, ils seraient relâchés et regagneraient leurs familles. Évidemment, ces deux soldats naïfs ont mordu à l'hameçon.

Après avoir fait ces déclarations suggérées, au lieu de regagner leurs domiciles, quelle ne fut leur surprise de se voir jeter à nouveau dans leur cellule infecte. Ils ont alors compris que le Colonel Dosso venait de les cueillir à la petite cuillère. C'est en pleurs qu'ils ont raconté leur mésaventure à leurs codétenus d'infortune. C'est sur la base de ces aveux extorqués que les Colonels Kobo et Yeo ainsi que le Commandant Jean Baptiste Kouamé ont été convoqués et entendus. Vous vous doutez bien que, muni enfin de ces fameux aveux extorqués de deux malheureux soldats sur quinze éléments de la sécurité, le Colonel Dosso pétri de joie s'est empressé d'aller présenter les prétendues preuves réfutables du coup d'État de Soro à l'homme orchestre, Téné Birahima Ouattara dit Photocopie, le frère cadet du Président ADO. À la vue de la déposition des deux soldats infortunés, le Président Ouattara s'est exclamé: « We got them ! » (on les a eus).

Le Colonel Dosso aura donc très bientôt, sa nomination et ses galons en guise de récompenses pour services rendus à la nation. Photocopie est très content du dénouement de cet embroglio judiciaire, car ils ont enfin des aveux sur les prétendues armes de Soro retrouvées à Assinie. ADO est aux anges. Enfin, il pourra faire un procès à Guillaume Soro et surtout le discréditer auprès du Président Macron et de la communauté internationale.

Mais ont-ils pensé aux conséquences ?D'abord, le Colonel Dosso a détruit de jeunes soldats en plein dans leur carrière ainsi que leurs familles, uniquement pour ses seuls intérêts personnels : ses nouveaux galons et la solde qui vient avec.

ADO quant à lui, va s'inscrire dans le schéma du chaos et écarter Guillaume Soro des élections d'octobre 2020.

Néanmoins, dans les PV d'auditions que j'ai pu consulter, les failles sont énormes et ne résisteraient pas à la contradiction ni à la vigilance d'une justice rigoureuse. Ils contiennent des choses intriguantes et fallacieuses. Examinons les.

Le Commandant Jean Baptiste Kouamé a déclaré que quelques jours avant le 23 décembre 2019, date d'arrivée de Soro, des armes de la dotation régulière avaient été volées à la résidence de Marcory. Lorsqu'il a mené ses investigations, il a eu des soupçons sur un des éléments de la garde rapprochée de Soro, en l'occurrence le Sergent-Chef Coulibaly Zié Issouf (neveu d'Amadou Gon). Alors, pourquoi le Colonel Dosso refuse-t-il d'enquêter sur ce fait notable d'armes volées à la résidence de Marcory ? Pourquoi l'élément soupçonné n'a-t-il pas été entendu sur ces faits ? Pis, pourquoi est-il libre quand ceux qui n'ont jamais été incriminés sont emprisonnés ? Ces armes ne méritent-elles pas d'être retrouvées ? À moins que le Colonel Dosso sache leur réelle destination. Ne peut-on pas penser que si elles ne font pas l'objet de recherche ni d'enquête, c'est justement parce qu'elles ont été retrouvées .... dans la lagune à Assinie et que le colonel Dosso le sait fort bien ?

Ces zones d'ombre discréditent la thèse de l'insurrection ourdie et accréditent la thèse du complot ourdi pour écarter un candidat à l'élection présidentielle d'octobre 2020.

En attendant, le nom du Colonel Dosso rime aujourd'hui avec celui du tristement célèbre Commissaire Goba, responsable du complot du chat noir de 1963. Ce commissaire a induit en erreur Felix Houphouët-Boigny qui a fait des dégâts en arrêtant les jeunes cadres du PDCI au lendemain des indépendances. Le Colonel Dosso doit se faire du soucis pour son avenir, car les mensonges rattrapent toujours leurs auteurs. Quant à Houphouët-Boigny, lorsqu'il a découvert la machination et réalisé qu'il avait été trompé, il s'est excusé publiquement. Alassane Ouattara en est-il capable ? Assurément non, car il n'est pas Houphouetiste. Son règne n'a été qu'un vaste champs de désolations et de meurtrissures.
auteur : Chris Yapi

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