Côte d'Ivoire : ''Chacun se bat pour être à la présidence de 2020''

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Côte d'Ivoire : ''Chacun se bat pour être à la présidence de 2020''

(Photo d'archives pour illustrer l'article)


Le RHDP, alliance au pouvoir de deux grands partis ivoiriens, ne formera pas de groupe parlementaire dans la nouvelle Assemblée nationale, qui a fait sa rentrée lundi. La formation avait pourtant présenté une liste commune aux législatives.

Finalement, ça sera bande à part. Alors que la nouvelle Assemblée nationale ivoirienne a inauguré lundi 3 avril sa première session, les députés du Rassemblement des républicains (RDR) du président Alassane Ouattara et ceux du Parti démocratique (PDCI), coalisés au sein d'une alliance, n'ont pas créé de groupe parlementaire unique. Le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), né en 2010 de l'alliance stratégique entre Alassane Ouattara et l'ancien chef de l'État Henri Konan Bédié (PDCI), avait pourtant présenté une liste commune pour les législatives de décembre 2016, remportées haut la main avec 65 % des voix.

À la tête des deux partis, on assure que l'union, à défaut d'exister dans la forme, est réelle dans les faits. "On n'a jamais dit qu'il y aurait un groupe parlementaire unique. Mais le regroupement est irréversible. La stratégie de la candidature commune [durant les législatives], c'était pour éviter que les cadres de nos deux partis soient en compétition", précise à France 24 Maurice Kakou Guikahué, secrétaire exécutif du PDCI, qui affirme que les décrets et projets de loi seront votés de la même manière par les deux groupes. Dans ce scénario, le parti du président bénéficie de la majorité absolue des deux-tiers à l'hémicycle, avec 224 députés sur 255, contre 136 seulement sans le PDCI.

"Coalition de façade"

Le Front patriotique ivoirien (FPI), parti historique d'opposition qui a obtenu trois sièges à l'Assemblée mais dispose d'une forte notoriété populaire, dénonce une "coalition de façade". Jean Bonin Kouadio, porte-parole du FPI, affirme à France 24 que "cette alliance n'avait que comme objectif de faire chuter le FPI. Maintenant que cela a été atteint, chacun se bat pour être à la présidence de 2020."

"Nous n'avons pas encore de partis qui soient des ensembles fonctionnant sur des procédures institutionnelles plutôt que sur des leaders, qui tiennent leur partis avec l'argent et leur histoire personnelle", analyse depuis Abidjan le sociologue politique Fahiraman Rodrigue Koné. Or les grands leaders de la majorité préparent leur prise de distance du paysage politique ivoirien à l'horizon 2020.

Alassane Ouattara, 75 ans, quittera le pouvoir après son mandat, et Henri Konan Bédié, 82 ans, fait aujourd'hui plus figure de mentor que d'acteur actif. Ils laisseront la place aux générations suivantes, qui attendent leur heure depuis longtemps. Aux premiers rangs, Guillaume Soro, ancien lieutenant du dernier président Laurent Gbagbo, aujourd'hui membre du RDR et président de l'Assemblée nationale, et Amadou Gon Coulibaly, le nouveau premier ministre.

Problème de générations

"Il y a une pression en interne des acteurs qui veulent se positionner et réinterpréter les dynamiques des partis", explique Fahiraman Rodrigue Koné, pour qui la situation actuelle ramène aux problèmes emblématiques de la scène politique ivoirienne : les générations.

Un RHDP parti unique nuirait aux ambitions personnelles des membres de la classe politique rongeant leur frein. Et une reformation des partis traditionnels commence à s'observer avec le score important aux législatives des candidats indépendants (dont beaucoup de frondeurs du PDCI), qui ont remporté 29 % des sièges. Parmi eux, la populaire députée de Cocody, Yasmina Ouegnin, et Kouadio Konan Bertin, qui lançait en décembre que "les militants [PDCI] ne veulent pas d'une alliance qui tue leur parti".

Dans l'hémicycle, le FPI, lui-même divisé, a commencé à recruter chez les indépendants. Toujours sur l'horizon 2020, Rodrigue Koné va jusqu'à envisager une reconfiguration politique et le rapprochement de membres du PDCI, voire du RDR, avec l'opposition. "Guillaume Soro me semble plus proche du FPI. Cet ancien syndicaliste a du mal à s'intégrer aux grands partis tenus par des familles bourgeoises", confie-t-il.

Pas de son de cloche du côté du RHDP. "Nous n'avons pas encore engagé de débat pour 2020", affirme Maurice Kakou Guikahué. Au sein de la majorité, la prochaine présidentielle n'est pas à l'ordre du jour.
source : France24    |    auteur : Rémi CARLIER

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