Côte d'Ivoire: des Abidjanais se disent «laissés pour compte» suite à la destruction du quartier Zimbabwe

  • publiè le : 2026-10-06 00:02:20
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Côte d'Ivoire: des Abidjanais se disent «laissés pour compte» suite à la destruction du quartier Zimbabwe
Le collectif des déguerpis du quartier Zimbabwe, dans la commune de Port-Bouët, lors d'une conférence de presse, le 4 octobre 2026. © Abdoul Aziz Diallo/RFI

En Côte d'Ivoire, alors que les investigations se poursuivent dans l'affaire des démolitions de Koumassi Campement survenues début juin, un autre déguerpissement effectué à la même période fait à nouveau parler de lui : celui du quartier Zimbabwe, dans la commune de Port-Bouët. Des milliers d'habitants avaient alors été contraints de quitter les lieux. Une opération menée par le district autonome d'Abidjan qui évoquait notamment « des risques sanitaires et sécuritaires ». Quatre mois plus tard, ces populations disent toujours attendre l'accompagnement des autorités.

Avec notre correspondant à Abidjan, Abdoul Aziz Diallo

Des tas de gravats. C'est tout ce qu'il reste du quartier Zimbabwe, un site d'une vingtaine d'hectares situé à proximité du Port autonome d'Abidjan, capitale économique de Côte d'Ivoire.

Parmi les personnes déguerpies, il y a Aissata Kouyaté. Elle vivait ici depuis près de 30 ans. Suite à la démolition, elle et sa famille ont été contraintes de s'installer à plus d'une heure de route, avec de nouvelles charges à assumer. « On ne payait pas de loyer, explique-t-elle. Mon mari avait un petit local où on vivait. Là, on a été obligé de partir et de louer un trois chambres-salon pour pouvoir y habiter. On est partis jusqu'à Anyama [une des communes les plus au nord d'Abidjan, NDLR], puisqu'on n'a pas pu avoir de local vers ici pour résider. Les prix y sont exorbitants ».

Ceux qui n'ont pas les moyens de louer un nouveau logement se tournent, eux, vers leurs proches. C'est le cas de Daniel qui travaillait au centre de santé du quartier. « Je suis chez un parent qui a pu nous héberger, ma famille et moi. Pour l'instant, c'est assez difficile, mais nous essayons de cohabiter dans la paix avec eux », explique-t-il.

« Il faut que l'État nous trouve un moyen de recasement »
Face à la presse, ce dimanche, et en présence de plusieurs familles déguerpies, les responsables du collectif alertent sur les difficultés auxquelles elles sont confrontées depuis la démolition du quartier.

Saïdou Traoré, son président, s'insurge : « Nous sommes laissés pour compte. Nous avons des problèmes de logement. Nos enfants qui allaient à l'école, eh bien certains n'y vont plus. C'est vraiment difficile. Il faut que l'État se penche sur cette population sinistrée et nous trouve un moyen de recasement. »

Un mois après la démolition du quartier Zimbabwe, le gouvernement ivoirien annonçait la construction de 12 000 logements à loyers modérés, à Songon, et sur l'autoroute du Nord, pour les populations affectées par les déguerpissements.
source : rfi.fr

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