Situation sociopolitique : Comment le Fpi compromet la libération de ses cadres

  • publiè le : 2013-06-17 07:08:21
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Situation sociopolitique : Comment le Fpi compromet la libération de ses cadres
L'ex-parti au pouvoir en Côte d'Ivoire, le Front populaire ivoirien (Fpi) ne cesse d'exiger la libération de ses cadres, militants et sympathisants incarcérés dans des prisons à Abidjan et à l'intérieur du pays.

Certains ont été placés en détention peu après l'arrestation de l'ex-président Laurent Gbagbo le 11 avril 2011, d'autres l'ont été plus tard, soit après des attaques armées contre les Forces armées ivoiriennes, soit après des propos tenus, jugés par le régime en place, de subversifs, d'offense au Chef de l'Etat ou d'appel à l'insurection. Les appels des dirigeants de l'ex-parti au pouvoir, appuyés par ceux de la société civile, d'autres partis politiques, et même de la Communauté internationale, avaient, apparemment, fini par toucher le coeur des autorités politiques ivoiriennes, et surtout celui des autorités judiciaires qui ont posé des actes forts dans la décrispation du climat sociopolitique : 20 prisonniers pro-Gbagbo ont été d'abord mis en liberté provisoire le 10 novembre 2011, parmi lesquels, Danielle Boni Claverie, Koné Boubacar, Diabaté Bê, Dogbo Rapahaël et Niamien Yao. Ensuite, 8 autres pro-Gbagbo dont l'ancien premier ministre Aké N'Gbo, les ex-ministres Désiré Dallo, Christine Adjobi, Jean-Jacques Béchio, et le syndicaliste Mahan Gahé, ont recouvré la liberté.

Ces actions ont été perçues par les Ivoiriens et la Communauté internationale, comme des points significatifs dans le sens de la décrispation et de la réconciliation nationale.Le Président Alassane Ouattara et son gouvernement, avaient instruit la Justice pour qu'elle accélère les procédures à l'encontre des prisonniers proches de l'ancien régime. Les choses semblaient aller sur la bonne voie.

Mais, selon nos sources , ''les discours musclés'' des responsables du Fpi, et les dernières incursions d'individus armés à l'ouest, notamment l'attaque de petit-Guiglo qui a fait six tués dont deux civils, en mars 2013, ont amené les autorités ivoiriennes à revoir leur copie. Elles ont recommencé à suspecter le parti de l'ex-président Laurent Gbagbo, d'être de mèche avec les assaillants, donc, de vouloir déstabiliser le régime en place. Les déclarations musclées de la direction du Fpi en avril et mai 2013 notamment, ont, semble-t-il compliqué les choses pour cette formation politique. Entre autres propos, on peut citer par exemple, la déclaration du parti à la rose suite au rapport des experts de l'Onu, le 15 mai 2013. ''Aujourd'hui la Côte d'Ivoire politique est coupée en deux. Le tissu social est déstructuré. La pauvreté et le chômage galopants, la réconciliation au point mort, le front social instable, avec le feu du mécontentement qui couve, l'insécurité rapprochée devenue chronique, la démocratie en panne. Les citoyens étouffent sous l'arbitraire, la répression au quotidien et les discriminations ethno-tribales érigés en système de gouvernance'', mentionnait la déclaration signée du secrétaire général intérimaire du Fpi, Kodjo Richard. Bien avant, le Président par intérim du Fpi, Miaka Oureto ne manquait aucune occasion pour décocher des flèches empoisonnées à l'endroit du chef de l'Etat ivoirien.

A cela, il faut ajouter, les constantes déclarations ''violentes'' du secrétaire national à la jeunesse par intérim, Koua Justin qui a même été mis aux arrêts, le vendredi 7 juin 2013. « Tant que Laurent Gbagbo, Simone Gbagbo, Aboudramane Sangaré, Affi N'Guessan, Bro Grébé, Alphonse Douaty et tous les autres seront en prison, la Côte d'Ivoire s'en portera mal. Le pays restera bloqué et rien ne marchera et rien ne réussira à Ouattara, il ne connaîtra aucun succès...C'est notre détermination et notre mobilisation qui feront partir Ouattara », martelait Koua Justin le samedi 25 mai 2013 lors de sa tournée dans les villages de la Sous préfecture d'Alépé dans le cadre de ''l'opération éveil des conscience''. Ces discours ''guerriers'' non exhaustifs, on pourrait le penser, ont dû conduire le pouvoir Ouattara à marquer le pas dans sa volonté d'ouvrir des portes au Fpi.

On peut bien comprendre qu'il s'agit d'une stratégie de lutte politique. Mais son revers pourrait être bien fatal aux prisonniers du Fpi. Toujours selon nos sources, la Justice ivoirienne qui tient compte de l'environnement, serait aujourd'hui à s'interroger sur ce à quoi va ressembler l'atmosphère politique si elle venait à élargir les prisonniers pro-Gbagbo alors que les discours des responsables du Fpi, ne sont pas apaisants. Selon des analystes, effectivement, le Fpi joue contre ses cadres et les pro-Gbagbo en prison. Là où l'ex-parti présidentiel devrait jouer l'âne pour avoir le foin, il bande les muscles pour se retrouver coincé. A cette allure, Miaka Oureto et ses camarades risquent de se retrouver totalement affaiblis après le coup qu'ils ont pris suite à l'arrestation de leur ''champion'' Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011. Pis, ils risquent de faire face à un désamour de leurs militants et sympathisants.



Soir Info

BAMBA Idrissa

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